Généalogie Kerneis

1952-1969 : La "laiterie" de Cécile Stéphan

La laiterie étant généralement dévolue aux femmes, c’est tout naturellement que Cécile s’occupe du lait...

Cécile Stéphan est née à Ploudiry. En 1952, elle épouse Antoine Kerneis et s’installe avec lui chez ses beaux-parents à Roc’h-zu (Le Tréhou).
La laiterie étant généralement dévolue aux femmes, c’est tout naturellement que Cécile s’occupe du lait depuis la traite des vaches jusque la fabrication du beurre.
L’étable compte huit emplacements. Il y a donc huit vaches à lait à cette époque. Les vaches vivent aux champs pendant la journée. Avant de les rentrer à l’étable pour la traite (manuelle évidemment), il faut garnir les mangeoires de farine et de foin (compléments alimentaires à l’herbe). La traite était, je crois, effectuée par deux personnes (Cécile et sa belle-sœur Thérèse). Puis les vaches sont reconduites aux champs.
Vient ensuite le moment de la transformation du lait. Cette transformation s’effectue dans un local frais, propre et bien aéré. Il s’agit à Roc’h-zu d’un local semi-enterré sur deux côtés. Le placard servant à la conservation de la crème et du beurre est encastré dans une citerne de récupération d’eau de pluie. Cette citerne est aussi partiellement enterrée. Ceci permet d’avoir une température de conservation relativement fraiche (environ 12°C toute l’année).
La première phase consiste à écrémer le lait à l’aide d’une écrémeuse centrifugeuse manuelle.
Une fois terminé l’écrémage, la crème est transférée dans une baratte rotative cylindrique, elle aussi manuelle. Au bout de plusieurs dizaines de minutes de barattage, la crème se transforme en une grosse motte de beurre.
Pour assurer la conservation de ce beurre, à une époque où les réfrigérateurs n’existent pas dans les campagnes bretonnes, la seule solution est de saler abondamment ce beurre par malaxage.

Il reste ensuite à réaliser des mottes de plusieurs kilogrammes et de 500 grammes (une livre). Ces dernières sont réalisées à l’aide d’un moule à beurre en bois.
Sur le fond du moule sont gravées trois fleurs. Il s’agit du « logo d’entreprise ». Dans la ferme natale de Cécile, le logo représente des vaches.
Ces différentes mottes seront ensuite conservées dans le « réfrigérateur » en attendant le passage d’un épicier ambulant à qui le beurre est vendu. Le "logo" permet aux clients de l’épicerie (ou de la crèmerie) de savoir d’où vient le beurre. C’est en quelque sorte une traçabilité.
 
En me basant sur de nombreux articles trouvés sur l’internet, j’estime que la production de beurre devait avoisiner 10 kilogrammes par semaine.
 
En 1953, l’électricité arrive enfin dans les campagnes. Antoine et son père électrifient tout ce qui est possible. Le travail de Cécile s’en trouve grandement facilité malgré la manutention de 30 à 40 litres de lait par jour.
Cette activité se prolonge jusqu’en 1969.

Moule à beurre. Collection particulière.
Logo du moule à beurre. Collection particulière.

 
Cette année-là, la Coopérative de Landerneau dépêche un ingénieur agronome dans toutes les communes environnantes avec pour but d’organiser le ramassage du lait. Au Tréhou, la réunion d’information a lieu dans un café (chez Madec ?, chez Roignant ?) après la messe du dimanche. Le jour, l’heure et le lieu sont stratégiques. En effet, c’est la meilleure façon de joindre un maximum d’agriculteurs ! L’ingénieur ne convainc pas grand monde (voire personne). Les agriculteurs rentrent chez eux et en parlent à leurs femme, mère, filles… Trois mois plus tard, la majorité des paysans du Tréhou ont confié le ramassage du lait à la coopérative !

→→ 1953 : Ça y est, l’électricité arrive à Roc’h-zu ! →→
Article mis en ligne le 20 juin 2016, dernière modification le 15 avril 2022.