Généalogie Kerneis

Les Guerres napoléoniennes

 

Le ministère des Armées a mis en ligne les registres des gardes consulaire, impériale et royale et des régiments d’infanterie de ligne (1802-1815).
Ceux-ci sont disponibles sur leur site Mémoires des Hommes.
 
Dans ces registres, j’ai trouvé sept "oncles" qui ont participé aux guerres napoléoniennes :
 

NomDate et lieu de naissanceDate de conscriptionDate et lieu de décès
• Jean Bodénès 16/04/1793 Tréflévénez 04/12/1813  ?  ?
• Jean Brenot 04/09/1790 Le Tréhou 18/04/1812  ?  ?
• François Martin 05/07/1791 La Martyre 15/09/1811 31/05/1812 Anvers
• Joseph Guevreur Morvan 30/03/1788 Le Tréhou 01/07/1808 fin 1808 ? Espagne
• Guillaume Pichon 27/07/1791 La Martyre 15/09/1811 fin 1812 ? Russie
• Yves Poulmarch 14/03/1792 Hanvec 18/03/1813 09/02/1814 Hambourg
• François Guillaume Quéinec 03/01/1782 Irvillac 17/03/1804 fin 1805 Prusse ou Austro-Hongrie

 
Grâce principalement aux registres matricules, aux bases du Centre Généalogique du Finistère et à la formidable bibliothèque en ligne de la Bibliothèque nationale de France, j’ai pu reconstituer leur parcours militaire.
Il est d’usage qu’une transcription sur le registre des décès de la commune de résidence d’un militaire qui décède sous les drapeaux ait lieu. Mais François Martin est le seul pour qui cette transcription existe.
 
Bien que manquant de preuves de décès pour certains soldats, je pense qu’aucun n’a survécu aux différentes batailles. Je constate aussi que leur "espérance de vie" est courte, à peine un an !

Wikimedia Commons, Grognard de la Vieille Garde en 1813 par Edouard Detaille.

Jean Bodénès

Jean Bodénès, cinquième des six enfants de Gilles et de Marie Urbane Jan, naît à Kergreven (Tréflévénez) le 16 avril 1793.
Jean, conscrit de l’an 1813, est enrôlé comme soldat le 4 décembre 1813 dans le 86e Régiment d’Infanterie de ligne.
 
Sa fiche Matricule nous donne quelques indications sur son physique :

taille 1,62 m
visage ovale
front bas
yeux gris
nez moyen
bouche moyenne
menton pointu
cheveux et sourcils châtains
marques particulières -

Le 6 avril 1814, Napoléon 1er abdique et le 2 mai Louis XVIII est reconnu comme Roi de France.
Les ordonnances royales des 6 et 12 mai 1814 permettent la réorganisation de l’armée. De nombreux régiments vont disparaître ou fusionner.
 
La fiche Matricule de Jean précise qu’il est « rayé le 17 mai 1814 étant en arrière du 22 février 1814 ». A-t-il rejoint un autre régiment ou est-il rentré chez lui ? S’est-il installé dans un autre département ?
Je n’ai pas trouvé d’acte de mariage ni de décès le concernant dans le Finistère.
 

Jean Brenot

Jean Brenot, fils de Guillaume et de Françoise Boniou, naît à Runguen (Le Tréhou) le 4 septembre 1790.
Son père s’étant marié trois fois, Jean passe sa jeunesse entouré de deux frères et trois demi-sœurs.
Le 18 avril 1812, il est « entré au service dans la 40e Cohorte » comme voltigeur.
Le 24 septembre 1812, il rejoint les Chasseurs à pied de la Garde impériale, 2e Régiment de voltigeurs, 1er Bataillon, 3e Compagnie.
Le 26 décembre 1812, il est réaffecté à la 40e Cohorte.
 
Décède-t-il dans une guerre napoléonienne ? Rentre-t-il chez lui ? Je n’ai pas trouvé d’acte de mariage ni de décès le concernant dans le Finistère. S’est-il installé dans un autre département ?

Wikimedia Commons, Régiments de Voltigeurs

Sa fiche Matricule nous donne quelques indications sur son physique :

taille 1,55 m
visage rond
front bas
yeux gris
nez court
bouche moyenne
menton rond
cheveux et sourcils châtains
marques particulières -

 

François Martin

François Martin, fils de François et de Françoise Tournellec, naît au Spernot (La Martyre) le 5 juillet 1791.
Conscrit de 1811, il est enrôlé le 15 septembre 1811 dans le 25e Régiment d’Infanterie de ligne.
 
Sa fiche Matricule nous donne quelques indications sur son physique :

taille 1,58 m
visage ovale
front étroit
yeux roux
nez moyen
bouche grande
menton pointu
cheveux et sourcils châtains
marques particulières une cicatrice au-dessous de l’œil droit et à la joue du même côté

La transcription de son décès sur le registre des décès de Tréflévénez en date du 2 décembre 1819 comme sa fiche Matricule indiquent que François décède le 31 mai 1812 à l’hôpital maritime de Saint-Bernard (24e Division militaire).
Où se situe cet hôpital maritime ?
Peut-être s’agit-il de l’hôpital de la marine créé par Napoléon vers 1810 dans l’abbaye de Saint Bernard à Anvers ?
En effet, en mai 1812, le 25e Régiment d’Infanterie participe à la Campagne de Russie et se trouve en Allemagne.
 

 

Wikimedia Commons, 25e Régiment d’Infanterie.

Joseph Guevreur Morvan

Joseph Guevreur Morvan, fils de François et de Marie Quéinec, naît à Penarguer (trève de Trévereur dépendant du Tréhou) le 30 mars 1788.
Le 1er juillet 1808, il est enrôlé comme soldat au 64e Régiment d’infanterie de ligne, 1er Bataillon, 9e Compagnie.
 
Sa fiche Matricule nous donne quelques indications sur son physique :

taille 1,59 m
visage rond
front bas
yeux gris
nez long
bouche grande
menton rond
cheveux et sourcils châtains
marques particulières -

Il participe aux campagnes des armées en Espagne. Le 20 août 1808, il est hospitalisé en Espagne.
Un an plus tard, le 22 août 1809, il est « rayé des contrôles pour cause de trop longue absence et sans nouvelles ».
Je n’ai trouvé aucune trace de son décès dans les registres d’état civil du Tréhou.
 

Guillaume Pichon

Guillaume Pichon, fils de Julien Yves et de Jeanne Madec, naît à Kerlavarec (La Martyre) le 27 juillet 1791.
Guillaume, conscrit de l’an 1811, est enrôlé le 15 septembre 1811 dans le 25e Régiment d’Infanterie de ligne.
 
Sa fiche Matricule nous donne quelques indications sur son physique :

taille 1,56 m
visage ovale
front rond
yeux gris
nez gros
bouche moyenne
menton long
cheveux et sourcils bruns
marques particulières une loupe* sous l’oreille droite

* Loupe : kiste.

Le 25e Régiment d’Infanterie de ligne participe à la Campagne de Russie en 1812.
Voici quelques chiffres sur les pertes en soldats pendant cette campagne :

Les dernières recherches sérieuses sur les pertes de la campagne de Russie sont données par Thierry Lentz. Du côté français, le bilan est d’environ 200 000 morts (la moitié au combat et le reste de froid, de faim ou de maladie) et de 150 000 à 190 000 prisonniers tombés entre les mains de Koutouzov. Il y eut aussi 50 000 disparus, surtout pendant la débâcle. Pour le reste, 130 000 soldats quittèrent la Grande Armée au cours de la marche sur Moscou et près de 60 000 se réfugièrent chez des paysans, nobles et bourgeois russes. Enfin, moins de 30 000 soldats repassèrent le Niémen avec Murat. Côté russe, les récentes publications d’Oleg Sokolov tendent à établir les pertes à 300 000 morts dont 175 000 au combat, ce qui est très important, mais, selon Thierry Lentz, invérifiable en l’état des études disponibles. Enfin, malgré des actes de générosité des deux côtés, les prisonniers qui tombèrent entre les mains des Français ou des Russes furent globalement maltraités.

Source : Wikipédia
Wikimedia Commons, la Grande Armée par Illarion Prianishnikov (1840–1894).

La fiche Matricule de Guillaume signale qu’il est « présumé prisonnier en Russie en 1812 ».
D’autre part, les bases du Centre Généalogique du Finistère ne signale ni mariage, ni décès.
Il est fort probable que son décès a lieu en Russie.
 

Yves Poulmarch

Yves Poulmarch, dixième et dernier enfant de Julien Poulmac’h* et de Marie Couchouron, naît à Kernealch (Hanvec) le 14 mars 1792.
Yves, conscrit de 1812, est enrôlé le 18 mars 1813 dans le 108e Régiment d’Infanterie de ligne.
 
Sa fiche Matricule nous donne quelques indications sur son physique :

taille 1,55 m
visage ovale
front haut
yeux gris
nez long
bouche grande
menton court
cheveux et sourcils châtains
marques particulières -

Mais elle ne nous donne aucune information sur le lieu du décès.
 
De décembre 1813 à mai 1814, après avoir participé à la Campagne de Russie, le 108e est assiégé dans la ville de Hambourg.
Sans doute est-ce pendant cette bataille que Yves est tué le 9 février 1814.
 
On ne trouve malheureusement aucune transcription de son décès dans les registres d’état civil de Hanvec, ni dans ceux de Saint-Éloy (commune voisine) où la famille a déménagé entre 1814 et 1818.
 
Pour en savoir plus sur le 108e RIL, c’est par ici.
Et pour le siège de Hambourg, c’est par là !


* Différentes écritures de ce nom existent : Poulmah, Poulmarh, Poulmac’h, Poulmarch et Poulmarc’h.

 

Wikimedia Commons, 108e Régiment d’Infanterie.

 

François Guillaume Queinnec

François Guillaume, fils de Alain et de Françoise Bonniou, naît à Guiler (Irvillac) le 3 janvier 1782.
Conscrit de l’an 11, il est enrôlé le 26 ventôse an 12 (17 mars 1804) dans le 69e Régiment d’Infanterie de ligne, 3e Bataillon, 2e Compagnie en tant que fusilier.
Le 11 fructidor an 12 (29 août 1804), il rejoint le 1er Bataillon, 3e Compagnie.
 
Sa fiche Matricule nous donne quelques indications sur son physique :

taille 1,62 m
visage large
front haut
yeux bruns
nez ordinaire
bouche moyenne
menton long
cheveux et sourcils noirs

Le 69e RI participe à la Campagne d’Autriche en 1805 (été - automne).
Le 25 septembre 1805, François Guillaume est hospitalisé et le 31 octobre 1807, il est dit « présumé mort, rayé des contrôles le 31 8bre 1807, pour trop longue absence à l’hôpital où il était du 3 vendémiaire an 14 ».
Sa fiche n’apporte malheureusement pas de précisions sur le lieu d’hospitalisation.
D’autre part, les bases du Centre Généalogique du Finistère ne signale ni mariage, ni décès.
Il est fort probable que son décès a lieu en Allemagne ou en Autriche.
 

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Article mis en ligne le 20 juin 2016, dernière modification le 25 mai 2022.