De Taupont à Hanvec, de Californie à Menez Meur. La vie de Julien Prioux
Julien Prioux, le procès et la prison

Le procès a lieu le 30 août au tribunal de Quimper.
 

• 30/08/1849

Julien Prioux est accusé d’outrage à la force publique et de coups et blessures.
Ce dernier chef d’inculpation est toutefois minoré car Alain Cariou, le plaignant, n’a subi aucune incapacité de travail.

Il est condamné à six jours de prison, 30 F d’amende et 7,65 F de frais de procédure.
 

Archives départementales du Finistère, 16 U 7/29, 30 août 1849.

Audience publique du tribunal de première instance séant à Quimper, département du Finistère, tenue le 30 août 1849 à dix heures du matin par M. Lozac’h vice-président, M. Le Tersec juge et M. Faugeyroux juge suppléant.
Présents : M. Brager, substitut du procureur de la République et Me Delplanque, commis greffier.
Le ministère public contre Julien Prioux âgé de 27 ans, né à Taupont, département du Morbihan, contremaître demeurant à Meilars.
Inculpé :
1° d’avoir, le 11 août 1849, outragé par paroles un commandant et des agents de la Force publique, dans l’exercice et à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ;
2° d’avoir le 7 août 1849, volontairement porté des coups, et fait des blessures à Alain Cariou, journalier demeurant à Bicêtre, commune de Beuzec-Cap-Sizun.
[...] Me Rivet, avocat et conseil du prévenu, après avoir plaidé les moyens de défense de son client, a conclu à ce qu’il plaît au Tribunal de lui accorder les circonstances atténuantes. [...]
Considérant qu’il a été établi par les débats que :
• de nombreuses plaintes s’étant élevées contre Julien Prioux, chargé de diriger un chantier institué pour exécuter une rectification de route, parce qu’il faisait éclater des mines sans prendre les précautions nécessaires, afin de prévenir des accidents dont plusieurs citoyens avaient été menacés, et s’étaient plaints, le brigadier de la gendarmerie de Pont-Croix se transporta le onze de ce mois sur ledit chantier, accompagné de deux gendarmes, pour faire des remontrances au dit Prioux ;
• ce conducteur, loin de condescendre à la démarche pacifique du brigadier, lui dit qu’il ne connaissait ni lui ni ses gendarmes, qu’il n’avait aucun ordre à recevoir de lui, et qu’il se foutait de lui ainsi que du maire de Pont-Croix, qu’il l’emmerdait, et qu’il lui enjoignait de quitter son chantier ;
• quelques jours auparavant, Julien Prioux, mécontent d’Alain Cariou, l’un des manœuvres qu’il employait sur les travaux, le saisit par les cheveux, le secoua ainsi avec force, et lui porta sur les reins un si violent coup de pied chaussé de souliers ferrés, que ce manœuvre fut obligé d’interrompre ses travaux et de garder le lit.
Considérant que le tribunal doit tenir compte au prévenu de sa tenue inconvenante à l’audience et des moyens déloyaux qu’il a employés pour établir sa défense.
Par ces motifs, déclare ledit Prioux coupable :
1° d’avoir outragé par paroles un commandant de la force publique et deux agents dépositaires de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions ;
2° d’avoir volontairement porté des coups et fait des blessures au manœuvre Cariou, violences toutefois qui n’ont occasionné ni maladie, ni incapacité de travail [...]
Condamne Julien Prioux à six jours d’emprisonnement par corps, à 30 francs d’amende et aux frais de la procédure liquidés à la somme de 37,65 F. [...]
Signé Le Tersec, H. Faugeyroux, Lozac’h, Delplanque.

• 08/02/1850

Julien Prioux est incarcéré pour six jours à la maison d’arrêt de Quimper le 8 février 1850. Il est libéré le 14 février.

Croquis réalisé par Gwenola Kerneis Fromheim.

Les archives de l’Administration Pénitentiaire nous en donnent une description physique et vestimentaire.
Ses habits indiquent un bon niveau social.

Archives départementales du Finistère, 2 Y 288, 8 février 1850.

Acte de remise du détenu au gardien de la maison.
Cejourd’hui 8 février 1850 s’est présenté au greffe de la maison d’arrêt de Quimper, le sieur Le Guillou, huissier à la résidence de Quimper, porteur d’un ordre délivré par M. le procureur de la République près le tribunal de Quimper sous la date du 5 novembre 1849 en vertu duquel il m’a été fait la remise de la personne dénommée Prioux Julien ainsi que le constate l’acte qui m’a été représenté et dont la transcription se trouve ci-contre.
 

Signalement :
Âgé de 27 ans ; taille de 1,70 m ; cheveux châtains ; sourcils châtains ; front haut ; yeux roux ; nez bien ; bouche moyenne ; menton rond ; visage ovale ; teint clair.
Signalement des vêtements au moment de l’arrivée :
Veste ; pantalon de drap brun ; gilet en drap noir ; chemise de coton ; des souliers ; chapeau en feutre.

Que devient Julien Prioux à sa sortie de prison ?
 

Quelques informations complémentaires

• François Exupère BRAGER, fils de Antoine Gilles Marc et de Aimée Marie Ermine Burban, naît le 13 novembre 1815 à Montfort (Ille-et-Vilaine). Il exerce la profession de substitut du procureur de la République au tribunal de Quimper de 1847 à 1852.

Annuaire rétrospectif de la magistrature XIXe-XXe siècles, Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS)

• Eugène Félix Alour DELPLANQUE, fils de Nicolas François Joseph et de Marie Marguerite Blanche Garin, naît le 15 février 1808 à Quimper. Il exerce la profession de commis greffier au tribunal de Quimper en 1849. Il est nommé juge de paix à Plogastel-Saint-Germain en 1866 et à Rosporden en 1878.

Annuaire rétrospectif de la magistrature XIXe-XXe siècles, Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS)

• Henry Alfred Jean Baptiste FAUGEYROUX, fils de Jean Baptiste et de Marie Jeanne du Pays de Kernerbat, naît le 11 septembre 1819 à Melgven. Il exerce la profession de juge au tribunal de Quimper.

Annuaire rétrospectif de la magistrature XIXe-XXe siècles, Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS)

• ? LE GUILLOU. Nous n’avons trouvé aucune information sur cette personne.
• Jérôme Louis Marie LE TERSEC, fils de Jean Louis et de Marie Anne Jacquette Le Bourc’h, naît le 25 août 1783 à Lesneven. Il exerce la profession de juge au tribunal de Quimper de 1811 à 1853.

Annuaire rétrospectif de la magistrature XIXe-XXe siècles, Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS)
Gallica.bnf.fr / BnF, Le journal des débats politiques et littéraires, 7 février 1853.

• Alain Marie Corentin LOZAC’H, fils de Allain Marie et de Marie Jeanne Adélaïde de Boishardy, naît le 15 mai 1795 à Quéménéven. Il est nommé juge au tribunal de 1re instance de Quimper en mai 1829 puis vice-président en juin 1841.

Annuaire rétrospectif de la magistrature XIXe-XXe siècles, Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS)
Gallica.bnf.fr / BnF, Le Courrier des tribunaux : journal de jurisprudence et des débats judiciaires.
Gallica.bnf.fr / BnF, L’Ami de la religion et du Roi : journal ecclésiastique, politique et littéraire, 15 juin 1841.

• François Marie RIVET, fils de François et de Thérèse Danielou, naît le 14 novembre 1808 à Audierne. Il exerce la profession d’avocat à Quimper.

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Article mis en ligne le 20 juin 2016, dernière modification le 19 février 2022.