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Voici quelques mots sur des instituteurs et institutrices qui ont marqué leur époque. Cette liste n’est pas exhaustive et sera complétée au fur et à mesure, en fonctions de nos informations.

Charles Drapier et Léontine Drapier-Cadec (Lopérec - école de hameau de Kervès)

Charles Drapier, président du patronage laïque de Recouvrance, et Léontine Drapier-Cadec, écrivain...

Quelques éléments de généalogie :
Charles Louis Ernest Drapier est né le 28 décembre 1890 à Saint-Jean-Trolimon et Léontine Marie Cadec est née le 27 janvier 1895 à Irvillac. Ils se sont mariés le 15 juillet 1916 à Irvillac.
Charles Drapier est décédé le 8 octobre 1965 à Brest et son épouse Léontine Drapier-Cadec le 14 juin 1995 à Saint-Yvi.
Ils sont issus tous deux d’une famille d’instituteurs (les deux parents de Charles Drapier, la maman et un oncle de Léontine Cadec).

Tous deux ont eu une vie riche et engagée. Une rue Charles Drapier et une place Léontine Drapier-Cadec les honorent à Brest.

Un très bel hommage à Charles Drapier rendu par le groupe « Mémoire » du Patronage laïque de Recouvrance à Brest a été relayé sur le blog de l’association patrimoine de la commune d’Irvillac War Hentchou Irvilhag. Dans cet article on peut y lire qu’il fut « un homme qui s’est dévoué, sa vie durant, à la cause du mouvement laïque... Il a toujours œuvré pour développer l’éducation sportive et intellectuelle des jeunes et favoriser leur épanouissement social. » Nous vous invitons à le consulter ici.

Léontine Drapier-Cadec, autre personnalité importante.
L’association Patrimoine de la commune War Hentchou Irvilhag publie dans son blog un article sur Léontine Drapier-Cadec, qui rappelle sa carrière d’institutrice et son œuvre d’écrivain. Elle a notamment écrit « Kervez ce paradis » en 1958 (éditions L’amitié par le livre). Ce livre lui vaut le premier Prix des provinces françaises. D’autres informations sont données sur Wikipédia.
Nous ajoutons à cela que Léontine Drapier-Cadec a également été l’un des membres fondateurs, en février 1954, de la Société d’Études de Brest et du Léon dont l’objet affiché dans ses statuts est « d’étudier la vie littéraire, économique et historique de Brest et du Léon et d’organiser des conférences, des expositions et toutes manifestations qui servent le renom de la Ville et de son arrière-pays. »
Extrait de la fresque, Collège des Quatre-Moulins 168 rue Anatole France Brest

Léontine Drapier-Cadec figure dans son rôle d’enseignante sur le dernier des 7 tableaux de la fresque réalisée sur les murs du groupe scolaire des Quatre-Moulins de Brest.

Maurice Henensal (Guipavas - école de hameau de Coataudon)

Marin, instituteur, poète et auteur d’un journal qu’il a tenu lors du siège de Brest alors qu’il était en poste à l’école de Coataudon...

Quelques éléments de généalogie :
Maurice Philippe Auguste Hénensal est né le 16 décembre 1892 à Minihic-sur-Rance (Ille-et-Vilaine) ; il s’est marié le 13 août 1919 à Trigavou (Côtes-du-Nord) à Rosalie Anne Marie Rouxel, institutrice, née le 28 octobre 1891 à Trigavou. Il est décédé en 1968 à l’âge de 76 ans.
Marin au moment de son mariage, il est devenu ensuite instituteur.

Maurice et Rosalie Henensal ont vécu la guerre 39-45 en étant en poste à l’école de Coataudon. Ils n’ont pas souhaité quitter cette école alors même que le siège de Brest avait commencé. Maurice Henensal a relaté cette période dans son journal qui a été publié à compte d’auteur par son fils Pierre (édition Les Abers - Henensal) : « Dans l’enfer brestois. Journal écrit pendant le siège de Brest du 16 juillet au 22 septembre 1944 ».

Maurice Henensal a écrit également des poèmes.
Citons « Petit, lorsque tu seras grand », poème qu’il a écrit en 1933 alors qu’il était instituteur à Roscoff.

Petit, lorsque tu seras grand,
On te dira d’aller te battre,
Et l’on te montrera du doigt
Ceux-là qu’il s’agit d’abattre.
...

Voir page 16 du travail du lycée polyvalent Raymond Queneau d’Yvetot sur les révoltes en poésie.

Autres écrits :
- Les heures claires d’Avril - 1927 - Morlaix imprimerie nouvelle.
- Le chant des lointains - 1977 (coécrit avec Pierre Kervarec) - Poètes du temps présent - La pensée universelle.
- Figure de proue - choix de poèmes et textes poétiques - 1979 - Éditeur : Mairie De Guipavas.

Henri Léon (Porspoder - école de hameau de Melon)

Herri Léon, penn-soner dit « Ar Big »...

Quelques éléments de généalogie :
Henri Jean Hervé Pierre Marie LEON est né à Lambézellec le 15 février 1933. Marié à Maria Guennegues, il décède accidentellement le 29 août 1962 à Kervezennoc en Porspoder. Il est plus communément appelé Herri Léon ou surnommé « La Pie » ou « Ar Big ».

Herri Léon, passionné par la cornemuse écossaise, a été penn-soner de la Kevrenn Brest Ar Flamm de 1954 à 1962.
Son apport aux répertoires des bagadoù est évoqué ci-après dans l’extrait d’un article « Chances et Génie d’un trépané. Aperçu de la vie de Donatien Laurent », Bretagnes du cœur aux lèvres, Fañch Postic (dir.), Presses universitaires de Rennes, 2009, www.pur-editions.fr, p. 11.
Propos recueillis par Michel Tréguer :

Donatien (Laurent) est désormais abonné au Piping Times et devient membre de la commission de la B.A.S. chargée de choisir les airs proposés au concours de bagadoù de Brest. C’est en cette même année 1954 qu’il fait la connaissance du célèbre La Pie, Ar Big, Henri Léon à l’état civil. Deux ans plus tard, en juillet 1956, les deux compères sont ensemble en Écosse, pour y rencontrer les responsables du College of Piping, Seamus MacNeill et John MacFadyen, qui organisent dans l’île de Skye un stage de cornemuse. Donatien et La Pie contribueront grandement à ouvrir le répertoire des bagadoù bretons, à le préciser, et ils jetteront les bases d’un collège de sonneurs à l’image de celui de Glasgow. Baptisé Skolaj Beg An Treis du nom d’un récif de la côte de Porspoder, le projet dont La Pie avait établi le programme ne survivra pas à sa mort accidentelle en 1962. (Pour la « petite histoire », ou pour la grande, il avait été auparavant contraint par les syndicats de l’Éducation nationale de quitter le bagad catholique Ar Flamm, sous peine, dans le cas contraire, de perdre son poste d’instituteur.)

Une biographie lui a été dédiée « Herri Leon et le Scolaich Beg an Treis ». Elle a été co-écrite en 2003 par sa fille Anne-Marie Léon, Donatien Laurent, Armel Morgant et Gilles Goyat. Cet ouvrage a été édité par l’association créée en 1999 « Diwaskell Ar Big » (Les ailes de la pie) ayant pour objet de perpétuer le souvenir et l’œuvre de Scolaich Beg an Treis dirigé par Henri Léon « Ar Big ».

Georges Nédélec (Hanvec - école de hameau de Pen ar Hoat)

Instituteur, résistant FFI et artiste...

Quelques éléments de généalogie :
Georges Nédélec est né le 8 mai 1914 au bourg du Faou ; il s’est marié à Lorient le 22 juillet 1939 à Denise Rose Le Gall et est décédé à Brest le 22 novembre 1989.
Pendant la guerre 39-45, il a été résistant FFI (cote SHD Vincennes GR 16 P 441565).
Son cousin Jean Nédélec, auteur de « Soixante ans de vie militante dans le Finistère » (éditeur Brest - Maison de la lecture. Fédération des œuvres laïques du Finistère, 2003), indique : « Durant l’occupation allemande, [...] Georges prit la direction du maquis de Hanvec, où il termina commandant F.T.P. »
Georges Nédélec était également artiste. Notons qu’il a été l’illustrateur de textes de Léontine Drapier-Cadec, par exemple dans les Cahiers de l’Iroise : numéro 19 de juillet-septembre 1958, article « Gens de recouvrance » (pages 182-185) et numéro 26 d’avril-juin 1960, article « La légende de Saint-Conval » (pages 90-93). De même il a illustré l’ouvrage « Léna et autres récits » - 1989 - Éditions de la Cité.

Tout comme Anne Péron, il a mis son talent au service de l’école de Pen ar Hoat dont il a réalisé un superbe dessin (Hanvec, Petite histoire d’une vieille paroisse bretonne - association Nature et Patrimoine du pays d’Hanvec 1992 - Loïc Besnard et Albert Merrien).

Anne Péron (Hanvec - école de hameau de Pen ar Hoat)

Une institutrice poétesse à Pen ar Hoat...

Quelques éléments de généalogie :
Anne-Marie Coadou est née le 5 novembre 1908 à Saint-Nic. Elle s’est mariée à Jean-François Péron le 3 février 1932 à Hanvec. Elle est décédée en 2002.

Elle a été nommée en 1929 à l’école de hameau de Pen ar Hoat, où elle a enseigné pendant 7 ans.
Anne Péron aime les monts d’Arrée et Pen ar Hoat, sur lesquels elle écrit de nombreux poèmes.
Deux de ses textes illustrent fort bien les conditions de vie dans ce secteur. L’un, intitulé « Pen ar Hoat » décrit la beauté du paysage mais aussi la rudesse du climat et la pauvreté de la terre et des hommes. L’autre, « Arrière-Pays », dépeint la montagne et les villages aux alentours de Pen ar Hoat et se termine en louant la beauté et la situation exceptionnelle du site.
Anne Péron quitte le Finistère en 1939 pour Saint-Nazaire. Elle y écrit des poèmes sur les Chantiers navals, où son mari a été recruté, ainsi que sur la condition ouvrière. Elle publie plusieurs recueils de poésie à compte d’auteur et reçoit de nombreuses récompenses pour ses œuvres.

La mairie de Hanvec a publié un article sur son site qui retrace la vie et l’œuvre littéraire d’Anne Péron.
Un dossier réalisé par la mairie est également disponible ici.

Article mis en ligne le 18 septembre 2019
Dernière modification le 24 septembre 2019